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Musique classique et opéra par Classissima

Cecilia Bartoli

mercredi 25 mai 2016


Carnets sur sol

13 avril

Château de Versailles 2016-2017

Carnets sur sol Alors que la saison va progressivement être dévoilée sur leur site à partir de cette semaine, voici un petit récapitulatif de ce qui sera annoncé – grâce à Faust qui s'est fondu dans la foule des Mécènes du Château pour nous fournir tous les précieux éléments que je réexploite ici. La saison de la Philharmonie est peut-être un peu gentillette , mais du côté lyrique, il y aura de quoi faire la saison prochaine en Île-de-France. L'Opéra de Paris propose déjà quelques jolies choses (un Cavalli par Alarcón, un Rimski-Korsakov rare, quelques productions prometteuses comme ces doubles distributions de Lohengrin ou Onéguine…), l'Auditorium du Louvre rejouera le programe Cœur de Dumestre (avec le fabuleuse Eva Zaicik au lieu de Claire Lefilliâtre – l'écart stylistique sera tout aussi important avec les hommes !) et présentera Les Éléments de Lalande et Destouches, le Théâtre des Champs-Élysées déborde de fêtes pour l'opéra romantique italien et français (Norma sur instruments d'époque par Fasoli, La Reine de Chypre, un des bons ouvrages d'Halévy, Boccanegra, le Requiem de Verdi, Carmen, Andrea Chénier dans des distributions luxueuses)… même la Philharmonie a mis ses grands efforts de ce côté-là, avec 3 oratorios de Schumann et Mendelssohn par les meilleurs (Harding, Pichon, Gerhaher, Goerne), la venue du Bolchoï pour un Tchaïkovski très rare en France, ou encore la reprise d'El Niño d'Adams par le LSO… À l'Opéra-Comique, on annonce quelques grandes réjouissances comme La Nonne sanglante, grand opéra de Gounod directement inspiré de Meyerbeer (et très réussi, une de ses meilleures œuvres) ou Le Timbre d'argent, un inédit de Saint-Saëns. Mais si vous aviez déjà réservé, vous pouvez vider votre agenda : Versailles a annoncé en cercle restreint sa saison prochaine. Et. Fuyez, fuyez tant qu'il en est encore temps ! En rouge, les productions scéniques. En bleu, les versions de concert. Soulignées, les choses rares et exaltantes que vous ne reverrez plus jamais. Premiers opéras italiens ¶ Monteverdi – La Favola d'Orfeo – Arts Flo, Agnew. Passe aussi à la Philharmonie, avec Auvity dans le rôle-titre. ¶ Monteverdi – L'Incoronazione di Poppea – Grüber, d'Hérin. Grüber avait très bien réussi Ulysse au début des années 2000, autrement difficile à tenir… Un peu moins enthousiaste sur d'Hérin (formidable dans le ba roque et le classique français !) dans ce répertoire . ¶ Rossi – Orfeo – Mijnssen, Pygmalion, Pichon. Reprise de la production fantastique qui a tourné cette année : le plus grand spectacule de cette saison à mon avis, à voir absolument si la distribution demeure de même niveau Francesca Aspromonte revient ! XVIIe anglais ¶ Purcell – Dido and Æneas – Roussat & Lubeck, Dumestre. La production de Cécile Roussat & Julien Lubeck, déjà passée à Versailles en 2014, et captée à Rouen la même année (désormais disponible en DVD) était, visuellement comme musicalement, bouleversante – difficile de trouver une lecture plus effrayante et intense. Distribution totalement renouvelée : Mireille Delunsch y retrouve le rôle principal, qu'elle n'avait pas pratiqué depuis longtemps , me semble-t-il. Également avec Benoît Arnould (Énée), Katherine Watson (Belinda), Cyril Auvity (un Marin ?), Nicholas Tamagna (le meilleur Esprit du marché), Caroline Meng (l'Enchanteresse ?), Lucile Richardot, Jenny Daviet. ¶ Purcell – King Arthur – production des époux Benizio, Niquet. Avec Tauran, Santon, M. Vidal, Labonnette, J. Fernandes ! Tragédie en musique et musiques de scène françaises ¶ Lully – Monsieur de Pourceaugnac – Hervieu-Léger, Christie. ¶ Lully – Le Bourgeois gentilhomme – Podalydès, Coin. Avec notamment Romain Champion et Marc Labonnette. ¶ Charpentier – Médée – Pynkoski, Opera Atelier Toronto, Fallis. L'ensemble, à la pointe du mouvement aux Amériques, continue de remonter les grands standards de la tragédie en musique du XVIIe siècle. Pynkoski fait très bien avec peu de moyens, et si les émissions canadiennes sont en général assez en arrière, le tout est toujours habité d'un respect scrupuleux du style. Pour ce qui est potentiellement (avec une poignée d'autres concurrentes) la meilleure tragédie en musique jamais écrite, voilà qui fait plutôt envie. Avec Jesse Blymberg, Colin Ainsworth et Olivier Laquerre. ¶ Marais – Alcyone – Moaty, Savall. Également donné à l'Opéra-Comique. Pour avoir entendu Savall en jouer des pièces d'Alcyone mises en suite, la sècheresse et la raideur étaient assez redoutables sans la réverbération des mixages Alia Vox, mais il a pas mal travaillé ce répertoire depuis et affiné son style. Ce sera peut-être très bien. Je n'adore pas cet opéra (ni ceux de Marais en général, à l'exception de Sémélé qui dispose d'un demi-caractère particulier), le livret étant ce qu'il est, et la musique de Marais un peu tourmentée et virtuose pour mes goûts, plus musicale que dramatique d'une certaine façon, à une époque où la musique n'était pas aussi émancipée que chez Rameau. Mais on ne l'a guère entendu depuis Minkowski et Christie au début des années 1990 : en 2008 avec Armonico Tributo à Vienne, et en 2011 à Bilbao et… Sablé-sur-Sarthe, par les Folies Françoises. D'autant que le distribution fait très envie : Bayodi-Hirt, Bennani, Desandre, Auvity, Guimaraes, Mauillon, Abadie, Abete ! ¶ Rameau – Zoroastre – Pichon. Un des meilleurs opéras de Rameau avec Castor et les Boréades , tous deux donnés il n'y a pas si longtemps. Livret aux péripéties assez linéaires, mais très animé. Et puis Courjal dans un grand rôle de méchant baroque qui réclame de beaux graves ! Avec Piau, Desandre, Mechelen, Courjal, Immler. Opéra seria ¶ Haendel – Rodelinda – Il Pomo d'Oro. Également donné au TCE. Ensemble particulièrement persuasif dont j'ai dit déjà le plus grand bien. Avec Kalna, Lemieux, Hamarström, DQ Lee, Ainsley, Weisser. ¶ Vivaldi – Arsilda, Regina di Ponto – Radok, Collegium 1704, Luks. À mon avis le meilleur ensemble actuel pour ce répertoire, d'assez loin. La fougue et l'articulation de ces tchèques est redoutable. Classique italien ¶ Mozart – Don Giovanni – I. Alexandre, Minkowski. Avec Bou, Barbeyrac, Skerath, Gleadow… La trilogie Da Ponte est prévue pour la saison suivante. Classique français ¶ Salieri – Les Horaces – Rousset. Il reste, après les Danaïdes (déjà données par Rousset à Versailles, et enregistrées) et Tarare (sur lequel CSS prépare actuellement un long dossier), un dernier opéra de Salieri en français… et celui-là, il n'a pas été redonné çà ou là. Avec les deux chefs-d'œuvre ultimes précités, on s'attend forcément un peu à une découverte fulgurante (tout à Tarare, je n'ai pas encore ouvert la partition). Avec Wanroij, E. Lefebvre, Dran, Dubois, Bou, Foster-Williams, Ph.-N. Martin. Romantique italien ¶ Rossini – Elisabetta, Regina d'Inghilterra – Spinosi L'œuvre est une horreur pour tous les amoureux de la musique, comme si Rossini avait voulu caricaturer Donizetti avant même son entrée en fonction : des pages entières sur deux à trois accords, sans modulations, de la virtuosité se résumant à des gammes… C'est, au mieux, une suite d'exercices pour entendre ses gosiers préférés. Dommage, parce qu'en l'occurrence, entre le Chœur Arnold Schönberg, la grande voix d'Alexandra Deshorties, la souplesse de Norman Reinhardt (dont le timbre évoque beaucoup Kunde), le mordant de Barry Banks et le tranchant de l'Ensemble Matheus, ce sera servi dans les meilleures conditions possibles – me donnerait presque envie d'y aller, tenez. ¶ Rossini – La Cenerentola – Blersch, Les Musiciens du Prince, Fasolis. Une mise en espace avec costumes comme jadis à Pleyel. Avec Bartoli, Nikiteanu, C. Chausson, Corbelli… Les autres Fasolis sont avec I Barrochisti. Romantique français ¶ Saint-Saëns – Proserpine – Radio de Munich, Schirmer Revoici la fine équipe pour un nouvel inédit. Ce n'est pas le Saint-Saëns le plus aventureux (selon la logique d'exploration d'Alexandre Drawicki : prévilégier la couleur du temps plutôt que les nouveautés comme le font les histoires de la musique en général), il y a vraiment peu d'audaces harmoniques (et encore moins rythmiques), mais la lecture de la partition m'avait paru alléchante, pas mal de procédés très adroits où l'on sent la patte d'un maître (de petites carrures rythmiques qui parcourent des scènes entières, par exemple). C'est plutôt la cantate Frédégonde qui suscite ma curiosité, mais parmi les opéras à remonter, cette Proserpine m'attirait beaucoup. Et distribution de feu, comme toujours : Gens, M.-A. Henry, Tilquin Vidal, Antoun, Foster-Williams, Lavoie, Sagsyan, Teitgen ! Deux opéras qui figuraient dans ma liste de souhaits absolus et improbables d'opéras que je voudrais entendre avant que mes atomes n'aillent seconder l'économie maraîchère, très beau score, surtout ajouté au reste. Et puis on me redonne le Rossi que j'ai raté, c'est trop gentil, il ne fallait pas. À cela s'ajoutent quantité de concerts sacrés et profanes : ¶ Louis XIII sacré : messe de Boësset, Litanies de Moulinié, Scènes sacrées de Bouzignac par Schneebeli. ¶ Motets et élévations de Dumont par Daucé. ¶ Grands Motets de Lalande par Schneebeli. ¶ Il Trinfo della Divina Giustizia de Porpora par Les Accents. ¶ Messe du Sacre de Napoléon par Méhul (avec la Cinquième de Beethoven pour faire bonne mesure) par Les Siècles, à la Chapelle Royale. Et puis quantité de grands classiques : Vêpres de Monteverdi par Pichon, Grands motets de style Louis XIV, Leçons de Couperin par Dumestre, Magnificat de Bach par Gardiner, la Saint-Jean par la Chapelle Harmonique, Messie par Christie. Pour couronner le tout, une soirée Jaroussky autour d'Orphée… les dernières catégories sont à 70€, amusez-vous bien. Le choix devient de plus en plus terrifiant.

Le blog d'Olivier Bellamy

11 avril

Christina Pluhar, la passion de l’absolu

La passion, ce n’est pas s’agiter, parler fort et bousculer autrui. Cela peut être une voix très douce, très persuasive, comme celle de Christina Pluhar qui peut soulever des montagnes. L’absolu, ce n’est pas forcément une solution à l’exclusion de toutes les autres. Ce peut-être justement dans le mélange des genres initié par L’Arpeggiata mais poussé jusqu’au bout, sans peur du qu’en-dira-t-on. Une vraie rencontre artistique. Voici son programme : Jaroussky & Ensemble Matheus Album: Vivaldi-Nisi Dominus Plage 4: „Cum dederit“ Naïve Andreas Scholl Album: Deutsche Barocklieder Plage 1: „Jetzt und kömpt die Nacht herein“ (Nauwach) Harmonia Mundi Lezhneva & Jaroussky Album: Pergolesi - Stabat Mater Plage 1: „Stabat Mater“ Erato/Warner Cecilia Bartoli & Giardino Armonico Album: Sacrificium Plage 12: „Quel buon pastor son io“ (La Morte d’Abel, Caldara) Decca Andreas Scholl & Chiara Banchini Album: Vivaldi - Stabat Mater Plage 1: „Stabat Mater“ Harmonia Mundi Madeleines: Harnoncourt & Concentus Musicus Wien Album: Monteverdi – L’Orfeo Plage 2: „Dal mio Parnasso“ Plage 10: „Donde vieni“ Teldec Gustav Leonhardt & Petite Bande Album: Bach – Matthäuspassion Plage 1: „Kommt, Ihr Töchter, Helft mir klagen“ BMG Music Frans Bruggen & Orchestra of the 18th Century Album: Mozart Synphony Nr 40 in G-minor Plage 2: „Andante“ Universal




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3 avril

CD, compte rendu critique : Arminio de Haendel par Max Emanuel Cencic et George Petrou (2 cd Decca, septembre 2015)

CD, compte rendu critique : Arminio de Haendel par Max Emanuel Cencic et George Petrou (2 cd Decca, septembre 2015). C’est le dernier des opéras baroques ressuscités par le contre-ténor entrepreneur Max Emanuel Cencic, et sa fidèle troupe de chanteurs réunie / recomposée pour chaque projet / ouvrage lyrique : collectif toujours investi à exprimer en une caractérisation affûtée, jamais neutre, les passions dramatiques ici du génie haendélien. En couverture, alors que sa consœur romaine Cecilia Bartoli, elle aussi inspirée par des programmes insolites ou des résurrections captivantes, s’affichait en prêtre exorciste (pour ses relectures défricheuses de Steffani : en un album choc intitulé non sans esprit de provoc “Mission”), voici Cencic, tel un acteur de cinéma sur un visuel sensé nous séduire pour susciter le désir d’en écouter davantage : voyageur emperruqué pistolet (encore fumant) à la main, tel un espion en pleine mission… ARMINIO… L’AVENTURE DU SERIA HAENDELIEN A LONDRES. Créé en 6 représentations au Covent Garden de Londres en janvier et février 1737, Arminio a visiblement marqué les esprits de l’époque, certains témoins commentateurs n’hésitant pas à parler de “miracle”… La partition n’a jamais pu depuis, été remontée jusqu’à ce que Cencic s’y intéresse. Le sujet emprunte à l’histoire romaine (Tacite) : c’est même un épisode peu glorieux pour les légions de Rome confrontées en 49 avant JC, aux Germains, dans la forêt de Teutoburg. Le général Varus est fait prisonnier par le prince barbare prince Hermann Arminius, commandant des 7 valeureuses tribus germaines. La défaite des Romains enterre toute velléité de Rome à assoir sa puissance sur une vaste zone au-delà du Rhin. L’opera seria s’attache à ciseler chaque profil psychologique, (selon le livret signé Antonio Salvi) chaque intention, chaque espoir silencieux, chaque noeud d’une situation conflictuelle (chère à Racine au siècle précédent, entre amour, désir et jalousie) que l’action contredit ou précipite, souvent de façon artificielle : ainsi la mort de Varus/Varo, le romain défait, est-elle évacué en quelques mots à la fin de l’ouvrage dans un récitatif lapidaire qui vaut dénouement. Auparavant, Arminio est capturé par Varo qui a des vues sur l’épouse de son ennemi captif… Pour captiver l’audience londonienne qui n’entend pas l’italien pour la majorité, Haendel n’hésite pas à réduire le texte de Salvi, en particulier ses récitatifs, véritables tunnels d’ennui pour qui peine à goûter les subtilités de l’italien. Parmi les chanteurs vedettes, les castrats sont toujurs à l’honneur ; après la trahison du contralto Senesino, son chanteur contralto fétiche, rival de Farinelli, qui finalement quitte Haendel pour un troupe rivale en 1733, c’est dans le rôle-titre, l’alto aigu Domenico Annibali qui relève les défis d’un personnage exigeant ; le castrat Sigismondo lui emboîte le pas, l’égalant même par sa partie non moins audacieuse : à la création, rôle tenu par le sopraniste Domenico Conti, surnommé Gizziello, probablement le plus connu des solistes réunis par Haendel en 1737 : c’est le seul castrat soprano (en dehors des mezzos et contraltos) pour lequel le compositeur écrira des rôles à Londres. Côté chanteuses, la prima donna demeure dans le rôle de Tusnelda, la soprano célébrée alors, Anna Maria Strada del Pò, partenaire et interprète familière de Haendel depuis le début des années 1730 dont la laideur légendaire égalait la finesse dramatique et l’engagement vocal. Le ténor anglais John Beard chante le commandant Vero. Le chanteur deviendra directeur du Covent Garden, et continuera de se produire comme chanteur pour Haendel dans de nombreux autres ouvrages lyriques et aussi dans ses futurs oratorios. Le synopsis veille à présenter de superbes profils psychologiques, tous impressionnés (les Romains), stimulés (les Germains) par l’héroïsme stoïcien du captif Arminio, prisonnier du général romain Vero… Au début, le Germain Ségeste livre le chef germain Arminio au général romain Vero. La fille et le fils de Ségeste, Tusnelda (épouse d’Arminio) et Sigismondo payent très cher, la trahison de leur père : Tusnelda en l’absence d’Arminio, doit affronter les avances de Vero ; Sigismondo ne peut rien faire quand sa fiancée Ramise, la soeur d’Arminio, rompt leur vœu… Pour augmenter les chances d’une paix avec Rome, Ségeste souhaite l’exécution d’Arminio pour que sa fille Tusnelda épouse Vero ; d’autant que Sigismondo a rejoint le parti de son père et accepte de pactiser avec les Romains. Figure héroïque prête à mourir, Arminio dans sa prison déclare qu’il ne cèdera pas quitte à mourir. Son épouse Tusnelda lui reste fidèle. A l’acte III, tout semble être joué : Arminio est conduit à l’échafaud : mais Vero impressionné par la noblesse du prisonnier, reporte l’exécution quand on apprend que des Germains rebelles ont soumis les légions de Rome. Les femmes Tusnelda et Ramise libèrent Arminio avec la complicité de Sigismondo ; Arminio prend la tête de la rébellion contre les Romains et tue Vero. Ségeste est soumis ; par clémence et grandeur morale, Arminio pardonne à Ségeste en l’épargnant. Arminio de 1737 incarne un jalon majeur de l’expérience de Haendel à Londres ; l’ouvrage par son sujet édifiant et moral contient aussi l’objectif finalement non exhaucé : fidéliser les spectateurs londoniens à l’opera seria italien. Malgré toutes ses tentatives, Haendel échouera en y perdant des fortunes. Il se refera grâce au nouveau genre de l’oratorio anglais (en anglais évidemment et non plus en italien), format inédit, promis à de nombreux triomphes. LA CRITIQUE DU CD ARMINIO DE HAENDEL PAR MAX EMANUEL CENCIC. Interprétation d’Arminio. Ecartons d’emblée le maillon faible du plateau vocal globalement équilibré et homogène : le Sigismondo de la haute-contre Vince Yi : timbre clair certes mais le plus souvent aigre et trop métallisé, avec une régulière et persistante incompréhenion au texte italien, déduite de ses respirations instables, des ses phrasés discutables (comprend-t-il réellement ce qu’il chante?). D’autant que le sopraniste faiblit sur la durée et dans le déroulement de l’action, sans aucune nuance dans l’émission ; il claironne révélant de grandes failles dans ses récitatifs si peu colorés, comme expédiés avec toujours la même intonation, projetant avec intensité mais artifice tous ses airs, tel un instrument sans âme. Tout cela contredit le travail des autres chanteurs dans le sens de la caractérisation des passions. En Arminio, réfléchi, intérieur et souvent profond, évidemment Max Emanuel Cencic se taille la part du lion, incarnant idéalement la figure de l’héroïsme et du stoicisme, prêt à se sacrifier pour la cause morale dont il est serviteur jusqu’au dénouement du drame. L’alto séduit toujours par la justesse de son intonation, mêlant idéalement tendresse grave, contredite ensuite par un indéfectible esprit de revanche et de fière détermination (“Ritorno alle ritorte” qui ouvre le III). Même sur un bon niveau vocal, la voix parfois poussée de la soprano Layla Claire (Tusnelda, épouse d’Arminio et fille de Ségeste) peine à trouver une teinte affirmée dans le personnage tout autant loyal que celui de son époux Arminio. De toute évidence l’opéra de Haendel prend parti pour les Barbares… qui n’ont de barbare que leur (fausse) réputation, tant les Germains ici surclassent en grandeur morale leur rivaux romains. Plus convaincant le Varo du ténor héroïque Juan Sancho : il campe un romain colonisateur et conquérant par une voix claire et métallique, idéale dans son air avec cor : “Mira il ciel” (au III) ; la Ramise de l’alto féminin, cuivrée, incarnée de Ruxandra Donose s’affirme nettement (Voglio seguir) même si l’on eût préféré articulation plus précise et percutante. De toute évidence, l’ouvrage fait l’apothéose des Germains, outrageusement dénigrés et finalement consolidés dans leur indéfectible sens de l’honneur ; tout converge et prépare au duo final des époux enfin libérés, réconfortés (après la mort expédiée de Vero) : duetto final d’Arminio et Tusnelda qui réalise le lieto finale, dénouement heureux de mise dans tout seria. Le tenue orchestrale d’Armonia Atenea, conduit par George Petrou confirme sa réputation : alliant nervosité et fluidité, acuité et accent d’un continuo, véritable acteur plutôt qui suiveur. Belle réalisation révélant un inédit de Haendel. La production était l’événement du dernier festival Haendel de Karlsruhe (février 2016) : on souhaite à l’événement allemand bien d’autres résurrections défendues par un engagement aussi partagé (hormis les solistes nettement moins convaincants que leur partenaires). Malgré ces (petites) réserves, la présente résurrection mérite le meilleur accueil. CD, compte rendu critique. Haendel : Arminio HWV 36, recréation. Max Emanuel Cencic (Arminio), Juan Sancho (Varo), Ruxandra Donose (Ramise), Layla Claire (Tusnelda), Xavier Sabata (Tullio)… Armonia Atenea. George Petrou, direction; Enregistré en septembre 2015 à Athènes — 2 cd Decca 478 8764. CLIC de CLASSIQUENEWS avril 2016.

Carnets sur sol

25 mars

Indiscrétions

Le réseau lutinant bruisse de nouvelles. En attendant la prochaine notule (des Passions bachiques bachéennes, de Beaumarchais-Salieri, de Don César de Bazan, du carnet d'écoutes discographique, du panorama de couverture vocale, qui sortira le premier ?), voici quelques annonces, estimé lecteur, qui retiendront peut-être votre attention quelques instants. À la Philharmonie et dans quelques autres lieux. BAROQUE ¶ Messe à huit chœurs de Benevoli par Niquet. ¶ (Une des) Brockes-Passion de Telemann. ¶ Rodelinda de Haendel (TCE). CLASSICISME ¶ Armide de Gluck par Minkowski (Arquez, Barbeyrac). ¶ Il Matrimono segreto de Cimarosa (CNSM). ROMANTISME ¶ Fidelio par l'Orchestre de Chambre de Paris avec mise en scène. ¶ Il Signor Bruschino de Rossini (TCE). ¶ Ermione de Rossini (TCE). ¶ Le Comte Ory de Rossini avec Julie Fuchs. (Favart) ¶ Norma sur instruments d'époque avec Bartoli (TCE). ¶ La Reine de Chypre d'Halévy (TCE), avec Bru Zane. Pour l'avoir lue au piano il y a quelques années, pas l'œuvre du siècle, mais l'intrigue est plutôt animée et les ensembles agréables. Du Halévy, en somme ; ni plus, ni moins. ¶ Elias de Mendelssohn par Pichon (avec le chœur Pygmalion, ce sera une tuerie). ¶ Des Scènes de Faust de Schumann qui promettent de figurer parmi les meilleures jamais données (Gerhaher, Selig, Chœur de l'Orchestre de Paris, Harding !). ¶ Le Paradis et la Péri de Schumann par Harding (avec Karg, Royal, Staples, Goerne !). ¶ Œuvres d'après Ossian de Niels Gade par Équilbey et Rouen – très rare et intriguant, mais la musique danoise de cette époque, et Gade en particulier, n'est pas forcément la plus passionnante du legs scandinave. ¶ Simone Boccanegra avec Radvanovsky et Tézier (TCE). ¶ La Nonne sanglante de Gounod, bijou qui n'est servi que dans un français approximatif au disque, depuis peu (CPO). (Favart) ¶ Deutsches Requiem de Brahms par Dohnányi et le Chœur de l'Orchestre de Paris (Karg, Nagy). ¶ Hamlet de Thomas, avec Devieilhe et Degout. (Favart) ¶ Offenbach, Fantasio. De l'Offenbach sérieux. Pas l'œuvre du siècle, mais plutôt bien faite dans l'ensemble, on doit passer un bon moment si le visuel est à la hauteur. ¶ Les Pêcheurs de Perles avec Fuchs, Dubois, Sempey. ¶ Carmen avec Lemieux et Spyres (profil inhabituel et très adéquat, très curieux de l'entendre, même si je ne tenterai vraisemblablement pas Carmen dans un théâtre onéreux à mauvaise visibilité saturé des glottophiles les plus purulents de la ville !). ROMANTISME TARDIF ¶ Tchaïkovski, La Pucelle d'Orléans par Sokhiev et le Bolshoï ! ¶ Intégrale Bruckner (couplage concertos de Mozart) par Barenboim et la Staatskapelle Belin (Philharmonie). Et la Quatrième par Inbal et le Philharmonique de Radio-France ! ¶ Andrea Chénier avec Harteros et Kaufmann (TCE). ¶ Plein de Mahler, dont une Dixième complète (Cooke n°?) par Harding (la Deuxième aussi, intéressante pour le chœur !), et la Sixième par le LSO et Rattle. ¶ Saint-Saëns, Le Timbre d'argent, une rareté considérable ! (Favart) ¶ À nouveau Aladdin de Nielsen, cette fois par le Capitole de Toulouse et Sokhiev. PREMIER VINGTIÈME ¶ Pelléas avec Langrée, Petibon, Bou (TCE). ¶ Le Faune, Jeux et le Sacre (du Printemps) par Les Siècles et dans les chorégraphies d'origine ! ¶ Musique de chambre futuriste russe à l'amphithéâtre de la Cité de la Musique. ¶ Uirapurú, le chef-d'œuvre de Villa-Lobos – quelque chose d'un équivalent au Sacre du Printemps avec de la douceur debussyste brésilienne. Astucieusement couplé avec Argerich, ce qui va compliquer la tâche des mélomanes de bonne volonté pour trouver des places abordables, en revanche. CONTEMPORAIN ¶ Soirée Dutilleux : Métaboles, Mystères de l'Instant, L'Arbre des Songes, avec l'Orchestre National des Pays de Loire (pas une grande formation pour le son, mais en général très intéressante dans ce répertoire !). ¶ Rothko Chapel de Feldman au milieu d'un programme hétéroclite. ¶ El Niño d'Adams enfin de retour en France, ave le LSO dirigé par le compositeur. ¶ Sept Dernières Paroles du Christ en Croix de MacMillan. ¶ Kein Licht de Manoury, nouvel opéra financé par le micro-mécénat façon crowdfunding. (Favart) ¶ Geek Bagatelle de Cavanna, avec l'Orchestre de Picardie et le Chœur de Smartphones d'Abbeville. LIED & MÉLODIE Comme à chaque fois, entièrement concentré sur un week-end : Bauer dans le Schwanengesang, Schumann par Gerhaher, Omo Bello dans la Bonne Chanson, Immler dans les classiques, Nigl dans un programme de Monteverdi à Xenakis incluant percussions. INTERPRÈTES Martha Argerich, vu le nombre d'occurrences, doit désormais résider à Paris. Un récital français de Sabine Devieilhe avec Les Siècles, un autre, plus rare, d'Amel Brahim-Djelloul avec Pasdeloup. Leonskaja dans le Cinquième Concerto de Beethoven. Et pour le TCE, peu ou prou 100% des glottes à la mode : Yende, Kurzak, Fleming, DiDonato, Bartoli, Dessay, von Otter, Lemieux, Jaroussky, Fagioli, Flórez, Alagna, Kaufmann… (Pas de voix graves, vous aurez remarqué : même les mezzos sont sopranisants !) AUTRES ¶ Nombreux concerts participatifs (Bach, Carols de Britten…) avec ateliers afférents. ¶ Deux reprises de créations récentes (l'une d'Adwan que je trouve médiocre, l'autre de Czernowin qui sera créée quelques semaines auparavant à Amsterdam). -- Et ce n'est que le début de l'avalanche… On pourra difficilement se plaindre de l'offre, tout de même – enfin, il y a toujours des répertoires (le lied…) plus mal servis que d'autres, mais en fouinant bien, sauf à exiger de l'opéra postromantique scandinave, on trouve pas mal de choses au fil de la saison dans de plus petites salles.



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28 février

CD, opéra baroque. ANNONCE : Arminio de Haendel par Max Emanuel Cencic et George Petrou (2 cd Decca)

CD, opéra baroque. ANNONCE : Arminio de Haendel par Max Emanuel Cencic et George Petrou (2 cd Decca). C’est le dernier des opéras baroques ressuscité par le contre-ténor entrepreneur Max Emanuel Cencic, et sa fidèle troupe de chanteurs : collectif toujours investi à exprimer en une caractérisation affûtée, jamais neutre, les passions dramatiques ici du génie haendélien. En couverture, alors que sa consœur romaine Cecilia Bartoli, elle aussi inspirée par des programmes insolites ou des résurrections captivantes, s’affichait en prêtre exorciste (pour ses relectures défricheuses de Steffani), voici Cencic, tel un acteur de cinéma sur un visuel sensé nous séduire pour susciter le désir d’en écouter davantage : voyageur emperruqué pistolet (encore fumant)à la main, tel un espion en pleine mission… ARMINIO… L’AVENTURE DU SERIA HAENDELIEN A LONDRES. Créé en 6 représentations au Covent Garden de Londres en janvier et février 1737, Arminio a visiblement marqué les esprits de l’époque, certains témoins commentateurs n’hésitant pas à parler de “miracle”… La partition n’a jamais plu depuis été remontée jusqu’à ce que Cencic s’y intéresse. Le sujet emprunte à l’histoire romaine (Tacite) : c’est même un épisode peu glorieux pour les légions de Rome confrontées en 49 avant JC, aux Germains, dans la forêt de Teutoburg. Le général Varus est fait prisonnier du prince Hermann Arminius, commandant de 7 valeureuses tribus germaines. La défaite des Romains enterre toute velléité de Rome à assoir sa puissance sur une vaste zone au delà du Rhin. L’opera seria s’attache à ciseler chaque profil psychologique, (selon le livret signé Antonio Salvi) chaque intention, chaque espoir silencieux, chaque noeud d’une situation conflictuelle (chère à Racine au siècle précédent, entre amour, désir et jalousie) que l’action contredit ou précipite, souvent de façon artificielle : ainsi la mort de Varus/Varo le romain défait est-elle évacué en quelques mots à la fin de l’ouvrage dans un récitatif lapidaire qui vaut dénouement. Auparavant, Arminio est capturé par Varo qui a des vues sur l’épouse de son ennemi captif… Pour captiver l’audience londonienne qui n’entend pas l’italien pour la majorité, Haendel n’hésite pas à réduire le texte de Salvi, en particulier ses récitatifs, véritables tunnels d’ennui pour qui ce peut goûter les subtilités de l’italien. Parmi les chanteurs vedettes, les castrats sont toujurs à l’honneur ; après la trahison du contralto Senesino, son chanteur contralto fétiche, rival de Farinelli, qui finalement quitte Haendel pour un troupe rivale en 1733, c’est dans le rôle-titre, l’alto aigu Domenico Annibali qui relève les défis d’un personnage exigeant ; le castrat Sigismondo lui emboîte le pas, l’égalant même par sa partie non moins audacieuse : à la création, rôle tenu par le sopraniste Domenico Conti, surnommé Gizziello, probablement le plus connu des solistes réunis par Haendel en 1737 : c’est le seul castrat soprano (en dehors des mezzos et contraltos) pour lequel le compositeur écrira des rôles à Londres. Côté chanteuses, la prima donna demeure dans le rôle de Tusnelda, la soprano : Anna Maria Strada del Pò, partenaire et interprète familière de Haendel depuis le début des années 1730 dont la laideur légendaire égalait la finesse dramatique et l’engagement vocal. Le ténor anglais John Beard chante le commandant Vero. Le chanteur deviendra directeur du Covent Garden, et continuera de chanter pour Haendel dans de nombreux autres ouvrages lyriques et aussi ses futurs oratorios. Le synopsis veille à présenter de superbes profils psychologiques, tous impressionnés (les Romains), stimulés (les Germains) par l’héroïsme stoïcien du captif Arminio, prisonnier du général romain Vero… Au début, le Germain Ségeste livre le chef germain Arminio au général romain Vero. La fille et le fils de Ségeste, Tusnelda (épouse d’Arminio) et Sigismondo payent très cher, la trahison de leur père : Tusnelda en l’absence d’Arminio, doit affronter les avances de Vero ; Sigismondo ne peut rien faire quand sa fiancée Ramise, la soeur d’Arminio, rompt leur vœu… Pour augmenter les chances d’une paix avec Rome, Ségeste souhaite l’exécution d’Arminio pour que sa fille Tusnelda épouse Vero ; d’autant que Sigismondo a rejoint le parti de son père et accepte de pactiser avec les Romains. Figure héroïque prête à mourir, Arminio dans sa prison déclare qu’il ne cèdera pas quitte à mourir. Son épouse Tusnelda lui reste fidèle. A l’acte III, tout semble être joué : Arminio est conduit à l’échafaud : mais Vero impressionné par la noblesse du prisonnier, reporte l’exécution quand on apprend que des Germains rebelles ont soumis les légions de Rome. Les femmes Tusnelda et Ramise libérent Arminio avec la complicité de Sigismondo ; Arminio prend la tête de la rébellion contre les Romains et tue Vero. Ségeste est soumis ; par clémence et grandeur morale, Arminio pardonne à Ségeste en l’épargnant. Arminio de 1737 incarne un jalon majeur de l’expérience de Haendel à Londres ; l’ouvrage par son sujet édifiant et moral contient aussi l’objectif finalement non exhaucé : fidéliser les spectateurs londoniens à l’opera seria italien. Malgré toutes ses tentatives, Haendel échouera en y perdant des fortunes. Il se refera grâce au nouveau de l’oratorio anglais promis à de nombreux triomphes. CD, annonce. Haendel : Arminio par Max Emanuel Cencic (2 cd Decca). Prochaine critique complete dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.COM

Cecilia Bartoli

Cecilia Bartoli (4 juin 1966) est une cantatrice mezzo-soprano et l’une des interprètes lyriques les plus connues. Ses rôles à l’opéra, ses programmes de concerts et ses projets d’enregistrements, en exclusivité pour le label Decca Classics, sont attendus avec une grande impatience dans le monde de la musique classique. Cecilia Bartoli est aussi l’une des seules cantatrices lyriques arrivant à créer un amour de la musique classique dans le cœur de millions de mélomanes n’écoutant pas forcément ce style musical. De plus, elle éprouve une grande fierté de savoir que grâce à sa popularité, certains compositeurs négligés du répertoire classique ont été redécouverts et surtout que leurs renommées ont été réévaluées. Les chefs d’orchestre, tels Herbert Von Karajan, Daniel Barenboim ou Nikolaus Harnoncourt, ont été les premiers avec lesquels Cecilia Bartoli a travaillé. Cecilia Bartoli chante régulièrement dans les plus importantes salles de concert d’Europe, des États-Unis et du Japon.



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